JIB 2007

Publié le par CNOP


Les JIB aux couleurs de l'Algérie

              
Chaque année, dans un esprit de collaboration et d'ouverture, les JIB choisissent d'honorer un pays apportant ainsi une touche singulière et originale à l'évènement.
Cette année nous aurons la joie d'accueillir l'Algérie, pays à l'honneur de cette 52ème édition. Le congrès proposera une demi-journée spéciale, le jeudi 8 novembre, en collaboration avec le principal syndicat des biologistes algériens,  l'ALAM (Association des laboratoires d'Analyses Médicales). Cette conférence sera consacrée aux thèmes suivants : les leishmanioses, les défauts moléculaires de la G-6PD, la diversité génétique du VIH-1 et le  contrôle qualité de l'antibiogramme, en Algérie.    
             
Les leishmanioses en Algérie
Par Smail Belazzoug (LABM Bou-Ismail, Algérie) et Arezki Izri (CHU Avicenne, Bobigny, France)
Trois formes de leishmanioses sévissent en Algérie, 2 cutanées et une viscérale. La forme viscérale, la plus grave parce que mortelle en l'absence de traitement, touche environ 200 personnes par an dans le nord de l'Algérie, principalement en Kabylie. Nos travaux ont démontré que l'agent causal est Leishmania infantum zymodème MON-1 identique à celui retrouvé dans le sud de la France. Le réservoir est le chien, le vecteur est Phlebotomus perniciosus. C'est une maladie qui touche l'enfant et dont le diagnostic repose essentiellement sur la mise en évidence de parasites (amastigotes de Leishmania) dans la moelle osseuse par ponction de la crête ili  aque et la sérologie (principalement l'immunofluorescence indirecte). La forme cutanée la plus fréquente (40 000 nouveaux cas par an) est celle qu'on retrouve au niveau de la frange steppique nord-saharienne comme Biskra, M'sila, Bou-Saada, Ghardaia et Abadla. Elle est due à Leishmania major et transmise par Phlebotomus papatasi. La transmission se fait en été et une lésion cutanée se développe au niveau du point de piqûre de l'insecte vecteur. Après 6 mois d'évolution, le bouton guérit mais au prix d'une cicatrice indélébile. Malgré un tableau clinico-épidémiologique évocateur, la confirmation biologique du diagnostic reste indispensable. La deuxième forme cutanée est retrouvée au nord du pays au sein même de l'aire de répartition géographique de la leishmaniose viscérale dans l'étage bioclimatique sub-humide. Grâce à l'électrophorèse des isoenzymes, nos travaux ont permis la découverte d'un zymodème original de Leishmania infantum, le MON-24, de même que   nous avons pu découvrir l'insecte vecteur : Phlebotomus perfiliewi. Bien que cliniquement similaire à la leishmaniose cutanée à L. major, cette forme présente un tableau clinico-biologique différent.

Les défauts moléculaires de la G-6PD en Algérie
Par Dalila AIT CHAFA (CHU Parnet, Alger)
Le déficit en G-6PD est la plus répandue des maladies enzymatiques du globule rouge définies comme des anémies hémolytiques constitutionnelles. Ces affections touchent environ 400 millions d'individus dans le monde. Cette étude a porté sur les défauts moléculaires de la G-6PD en Algérie pour établir la fréquence globale du déficit et corréler le phénotype, la clinique et l'origine géographique.
Les résultats de cette étude montrent une fréquence globale de 5,10 % avec les taux les plus élevés dans le sud du pays (7,73%) e  t en Kabylie (5,86%). Sur le plan biochimique, on note 46,66 % de variant A (-) et 41,33 % de B (-). La relation entre le défaut moléculaire et l'origine ethnique est très intéressante et permet une approche de la génétique des populations basée sur l'histoire de l'Algérie.

La diversité génétique du VIH-1 : Données actuelles en Algérie
Salima Bouzeghoub et El Hadj belabbes (Institut Pasteur d'Algérie, Alger)

L'Afrique est le continent le plus touché par la pandémie VIH/Sida et où on observe la plus grande diversité génétique du VIH-1.La connaissance de cette variabilité d  u virus, qui s'étudie actuellement par le séquençage, soulève le problème de ses implications et de ses conséquences sur le plan diagnostic et thérapeutique.  L'Algérie fait partie des pays d'Afrique du Nord où la prévalence de l'infection VIH est faible. Une étude épidémiologique moléculaire d'isolats VIH-1 par le biais du séquençage provenant de patients algériens, a révélé la présence d'une grande diversité génétique des souches circulant dans ce pays. En effet, après le sous-type B qui est majoritaire, on retrouve d'autres sous-types non-B (A,G,D) et des formes recombinantes tel que CRF 02-AG et CRF 06-cpx. La présence de cette hétérogénéité virale, provenant probablement des pays de l'Afrique sub-saharienne, nous incite à une plus grande vigilance dans la surveillance de cette infection.

Publié dans SALONS

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